Death Stranding - Jusqu'à ce que la mort nous sépare... - Asgard GG
Death Stranding – Jusqu’à ce que la mort nous sépare…
Par Ailoas le 28.11.2019

Le nouveau jeu d’Hideo Kojima est enfin là. Death Stranding est arrivé alors qu’on n’avait toujours très peu d’informations quant au sujet du jeu, ni sur les bases de son gameplay. Nous avons donc pu découvrir le jeu depuis le 8 novembre sur Playstation, et pour les joueurs PC, Death Stranding devrait arriver sur Steam et PC d’ici cet été. Mais que vaut le jeu ? Est-ce vraiment le chef d’œuvre que tout le monde semble penser ? Ou est-ce que c’est simplement un simulateur de livraison de colis ?
Je vais vous donner mon avis après avoir terminé le jeu et surtout en sachant que je n’aime pas spécialement ce que Kojima a fait ces dernières années…

En effet, avant d’aller plus loin dans cet review de Death Stranding, je pense qu’il est important de poser des bases. J’aime beaucoup la série Metal Gear. J’ai passé des moments incroyables de joueur face à MGS 2 et MGS 3. J’ai aimé regardé un film un peu trop long dans MGS 4. Mais j’ai passé un moment pénible sur MGS 5 : The Phantom Pain… Si je reconnais le talent d’Hideo Kojima à briser le quatrième mur, à avoir des idées de gameplay hors du temps qui traversent les époques et son talent inné pour la narration, j’ai eu du mal sur son dernier jeu en date…

Un Metal Gear Solid où le joueur doit créer son gameplay pour espérer voir du fun apparaître… Une multitude de quêtes à rallonge pour faire avancer l’histoire et un scénario qui peine à montrer des éléments intéressants… On a pu apprendre après que le jeu n’était pas entièrement comme Kojima l’aurait souhaité, ce qui l’a amené par la suite à quitter Konami. Mais est-ce vraiment la faute de Konami ou Kojima a-t-il perdu de sa superbe ?

Nous allons le voir avec son nouveau jeu où cette fois il a été le seul maître à bord via la création de Kojima Productions. Que vaut un jeu où Kojima peut laisser vraiment parler sa créativité sans limite ? Je vais vous donner mon avis sur Death Stranding.

Death Stranding – Postal Delivery Simulator 2019

Parlons maintenant plus en détails de Death Stranding. Pour cela, je dois vous situer un peu l’histoire mais pas d’inquiétude, tout ce qui sera dit ici s’apprend dans les 30 premières minutes sur 38 h de jeu.

Dans un monde qui a survécu à une catastrophe mystérieuse liant le monde des vivants avec celui des morts, le Death Stranding, l’humanité vit reclus dans des abris ou des villes isolées. Le seul moyen pour communiquer et échanger avec les autres humains étant les transporteurs qui doivent vous livrer des colis en traversant les terres. Vous incarnez Sam Porter Bridges, un transporteur solitaire qui va se retrouver happé dans une quête pour reconnecter l’Amérique via le “réseau chiral”, mystérieux réseau permettant de créer des structures et des ressources. Le but du réseau chiral étant également de reconnecter l’Amérique et de partager les connaissances qui ont été perdues lors du Death Stranding. Mais Sam ne sera pas seul dans sa quête, car très vite il devra faire équipe avec un BB (Brise-Brouillard), un bébé dans un récipient, permettant de voir les morts errant sur Terre.

Le concept le plus indé des AAA

Si vous êtes un joueur de MMO ou de RPG, vous avez forcément été confronté à des quêtes dites “FedEx”. Dans ces quêtes, vous devez amener un objet d’un point A à un point B. Généralement, ce genre de quêtes n’ont que très peu d’intérêt pour les joueurs, car il est très peu agréable de faire des allers-retours. Quel joueur n’a jamais eu envie d’arrêter un jeu qui demandait de traverser sa carte d’un bout à l’autre pour transporter un objet.

Mais c’est alors que Hideo Kojima arrive pour tenter de rendre les quêtes FedEx ludiques et de faire un jeu entièrement basé sur ce concept de quête. Un concept qui a valu au jeu des surnoms comme le jeu “Deliveroo”, La Poste The Game ou Uber Eats Simulator. Mais est-ce qu’on peut proposer un jeu entièrement basé sur ce genre d’action répétée sans pour autant perdre une grande partie des joueurs ?

Mais que penser d’un jeu triple A qui prend tant de risques en sortant des conventions pour proposer un jeu au concept unique ? Hideo Kojima a osé prendre un risque monumental pour ce jeu. Même si son nom garantit en soit un nombre de ventes conséquent par des fans qui achèteraient aveuglément son jeu. Mais ici, Kojima ne semble pas avoir pris un risque non calculé, car en plus du temps de développement conséquent que le jeu a bénéficié, il semble que Kojima était déjà à jour sur son concept à l’époque de la sortie du premier teaser du jeu.

Kojima livre donc ici un concept à contre-pied du monde du jeu vidéo, mais qu’il semble avoir réussi à maîtriser pour le rendre ludique et l’incorporer à l’histoire du jeu. Mais est-ce suffisant pour créer un grand jeu ?

Point Gameplay : un jeu capable du meilleur comme du pire…

Death Stranding, par son concept, propose des longues périodes de voyage d’un point à l’autre, et donc par conséquent, de nombreux allers-retours. Mais que dire au niveau du gameplay du jeu ? Car si le jeu propose d’autres phases de gameplay, la plus grosse partie aura pour rôle de permettre les déplacements et le transport de colis.

Et généralement ces phases sont assez bien pensées, on prend énormément de plaisir à voyager dans ce monde. Mais c’est également car Kojima a su rythmé la progression du jeu avec des touches musicales qui changent tout. Ces dernières permettent d’apporter suffisamment de fraîcheur durant le jeu. Mais ces musiques étant généralement réservées aux phases solo, les phases de livraison dites standards deviennent très vite une véritable corvée. Ce qui va malheureusement poser le soucis pour de nombreux joueurs car même si le scénario du jeu permet de donner l’envie au joueur de continuer l’histoire au fur et à mesure de la progression, ces phases de farm peuvent faire partir les joueurs prématurément.

Cela a d’ailleurs failli être mon cas. Notamment lors du chapitre 6, où on va nous demander de nombreux allers-retours pour la campagne ainsi que les quêtes secondaires. Renforçant ainsi l’ennui provoqué par le trop grand nombre de phases de voyage rapprochées. À se demander si Kojima n’a pas volontairement rendu ces chapitres longs pour accentuer la tâche conséquente que doit réaliser Sam en début d’aventure.

Mais heureusement, dès le chapitre 7, le gameplay va évoluer en proposant d’autres phases dont certaines d’action. Ces phases d’action apportent juste ce qu’il faut pour diversifier le gameplay et apporter ce qu’il faut pour rebooster l’envie des joueurs de pousser l’aventure à son terme.

Le jeu va donc varier entre phases d’exploration/livraison et phase d’action dès le chapitre 7

Reconnecter le monde pour jouer tous ensemble

Attention, il y a ici un léger spoiler quant à l’apparition de nouveaux éléments de gameplay peu après les premiers chapitres. Ce n’est pas un spoiler sur la trame du jeu, mais uniquement en matière de feature de gameplay.

Dans Death Stranding, vous avez pour but de reconnecter la société. Mais Hideo Kojima a eu également l’idée très intéressante de permettre aux différents joueurs d’interagir entre eux via la construction de structures pour améliorer la progression des joueurs. On peut par exemple poser des ponts pour permettre de traverser plus facilement des ravins, des tyroliennes pour permettre de passer d’un lieu à un autre beaucoup plus rapidement. La seule condition requise étant de relier des abris au réseau chiral pour débloquer la zone ainsi que des ressources pour construire ensemble.

Ressort de cette idée, une véritable collaboration des joueurs pour offrir un transport plus facilité lors des phases de livraison devenant de plus en plus difficile. J’ai par exemple pu traverser une zone de neige assez compliquée en quelques minutes en profitant des tyroliennes posées par les autres joueurs, faisant ainsi un voyage très rapide alors qu’il aurait dû durer au moins une demi-heure.

Le jeu devient donc beaucoup plus fluide au moment où ce dernier commençait à souffrir de la lenteur de son gameplay. Ce qui devient une idée géniale permettant ainsi de relancer l’envie du joueur à se connecter avec les autres pour pouvoir ainsi se rendre la vie plus facile.

Hideo Kojima arrive donc avec cette idée à renforcer son récit et impliquer encore plus le joueur dans la tâche de Sam de reconnecter le monde pour recréer l’Amérique.

Des acteurs convaincants et des personnages particulièrement bien écrits

Dans Death Stranding, Hideo Kojima a fait le choix de prendre des acteurs comme Norman Reedus, Léa Seydoux ou Mads Mikkelsen et de les modéliser en jeu. Offrant ainsi des personnages aux expressions convaincantes et incarnés par des acteurs que nous connaissons.

Mais pourquoi ce choix ? J’ai vu récemment passer sur le Twitter officiel d’Hideo Kojima que ce dernier a fait ce choix pour pouvoir amener les fans de cinéma dans le monde du jeu vidéo avec Death Stranding. En leur offrant des visages familiers et une mise en scène assez similaire de celle qu’on peut retrouver dans une série et un film.

Mais que penser des personnages que Hideo Kojima dépeint dans ce nouveau jeu ? Pour moi l’écriture des personnages m’a à la fois plu et dérangé. Je m’explique : tous les personnages dans ce jeu ont une histoire tragique, tous, sans exception. Cela permet certes de créer de l’empathie avec ces différents personnages en découvrant au fur et à mesure leurs passés. Mais c’est également ce qui m’a dérangé car aucun personnage n’a une histoire simple. Leurs passés trop complexes apportent pour moi trop de moments larmoyants, qui servent la narration certes, mais qui sont un peu trop cliché.

Malgré tout, le jeu nous réserve des surprises quant à son développement des personnages et l’évolution de leurs relations. Notamment la relation entre Sam et BB qui est pour moi une des plus marquantes de l’histoire du jeu vidéo tant elle est ludique.

Un jeu qui marquera certainement les joueurs par ses personnages et son histoire qui sauront toucher en plein cœur.


Conclusion :

Death Stranding est un jeu qui vous marquera par ses thématiques et ses contre-pieds énormes aux jeux vidéo. Prendre pour concept principal les quêtes FedEx et les rendre ludique est déjà en soit un contre-pied assez fort, mais le jeu ne se résume pas uniquement à ça. Le jeu, par ses personnages et son histoire, brille également et offre un récit qui saura traverser les époques si on arrive à pousser l’expérience à sa fin. Le jeu saura aussi bouleverser vos habitudes de gamer et, lors de certaines phases, utiliser ses dernières pour servir le récit.

Death Stranding est donc un jeu qui va demander énormément d’investissements de votre part, de par sa durée de vie conséquente et surtout pour survivre aux premiers chapitres qui sont assez longs et peu variés. Mais si vous arrivez à passer au-delà de ces chapitres, vous vivrez une aventure qui ne vous laissera pas insensible.

Le jeu est donc un indispensable de cette génération et certainement le nouveau chef-d’œuvre d’Hideo Kojima. Un jeu que je vous conseille de faire immédiatement si vous êtes fan de jeu vidéo, et même si vous n’êtes pas spécialement fan du créateur de Metal Gear. Un jeu qui pour moi se hisse directement au même niveau qu’un Nier Automata, et donc plus une œuvre vidéoludique qu’un simple jeu vidéo.

Article écrit par Ailoas le 28.11.2019

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