Critique – Valérian : ou le problème des films à suites.
Par Ailoas le 11.08.2017

Bonjour à tous !
Aujourd’hui, nous allons parler du nouveau film Valérian, du réalisateur qui divise les avis, autant que les passions : Luc Besson.

Alors tout d’abord : qu’est-ce que c’est Valérian ?
Valérian et Laureline (anciennement : Valérian : Agent spatio-temporel) est une série de bandes dessinées de science-fiction scénarisée par Pierre Christin, dessinée par Jean-Claude Mézières et colorisée par Evelyne Tranlé. Elle a été publiée pour la première fois en 1967 dans Pilote avant d’être éditée par Dargaud dès 1970.
Pour un rapide synopsis : Valérian et sa compagne Laureline sont des agents du Service Spatio-Temporel (SST) de Galaxy, la puissance terrienne à cette époque. Les agents du SST ont pour but de se déplacer dans le temps et l’espace pour préserver les intérêts de Galaxy.

Ce qui est intéressant de noter pour la suite de notre critique, c’est que Jean-Claude Mézières a travaillé durant un temps sur un projet avec Luc Besson. Projet qui deviendra par la suite Le Cinquième Élément. En effet, à l’époque, Luc Besson proposera à Moebius et Jean-Claude Mézières de travailler avec son chef décorateur Dan Well à l’élaboration de ce qui devait être à l’époque Le Cinquième Elément : Zaltman Bléros. Beaucoup de dessins de décors et de travail seront fournis dans ce projet mais suite à un arrêt du projet en 1993, Mézières reprendra son travail qu’il avait mis à ce moment en pause. C’est en 1994 que Luc Besson, content de la réussite de son précèdent film Léon,va reprendre les décors dessinés par Mézières et les utiliser en partie et en s’inspirant des albums de Valérian pour faire Le Cinquième Élément tel qu’on le connait.

On peut donc comprendre ici que Luc Besson a toujours eu un amour pour Valérian et que c’est de là que son projet d’adaptation est né. Mais maintenant, passons au cœur du sujet de cet article : Valérian : un bon film ou encore une erreur de Besson ?

Un univers magnifique et foisonnant de détails :

Premier constat : le film est beau.
L’ambiance, les races, la cité des milles planètes, l’univers… tout y est magnifique et nous transporte dans un futur peuplé d’autres races extraterrestres vivant tous en harmonie dans un même lieu. On sent que Besson est fier de la façon dont il a adapté l’univers de Valérian. Chaque scène et lieu du film donne vraiment une impression de cohérence et on voit qu’un énorme effort a été fait pour créer un monde incroyable et des interactions logiques entre les races.

Durant tout le film, Luc Besson va s’amuser à nous jeter au visage de la poudre aux yeux avec des effets incroyables, mais il n’a pas été avare en détails en créant ce monde. Et c’est ici la plus grande force mais aussi la plus grande erreur du film : vouloir nous montrer un monde colossal et complexe en 2h de film.
On a l’impression d’avoir devant nous une oeuvre d’art par sa beauté, mais d’avoir une explication à rallonge durant tout le film.

Le voyage promis est là mais on arrive pas à profiter du reste du film à sa juste valeur car les autres défauts sont trop gros…

Un scénario effacé :

Un autre problème majeur du film est que sa trame principale n’est que très peu exploitée durant le film. Pour des besoins explicatifs, je vais spoiler la trame principale :

Spoiler Pitch

Et c’est à ce moment précis, que tout part en cacahuète… Le film va enchaîner les situations inintéressantes et qui sont manifestement là pour faire intervenir des guests en personnage secondaire. Le film va donc s’étaler sur une heure voire plus sur des situations présentant de nouveaux lieux, de nouvelles espèces, et des situations cocasses.
Mais le problème c’est qu’on sent que Luc Besson a comme but, ici principalement de montrer son univers et montrer qu’il y a plein de races différentes etc. Certes, c’est sympa de voir de nouveaux design d’alien, et de voir de nouvelles interactions des personnages avec eux ; mais le scénario n’avance pas du tout pendant cette heure de film. Si cette partie du film n’existait pas, ce ne serait même pas grave pour notre compréhension du scénario.
En ressort donc de ces deux scènes, un profond désintérêt pour ces scènes… elles n’apportent pas grand chose. Certes les scènes ne sont pas horribles mais on n’est clairement pas devant des scènes indispensables, qui pourraient apporter une plus-value au film. On en reparlera plus en longueur dans le prochain chapitre parlant des performances des acteurs…

Valérian Pearls

Les Pearls, race centrale de l’intrigue, qui n’apparaissent finalement que très peu.

Le développement des personnages principaux est aussi raté à mon sens. Valérian est présenté dans le début du film comme un gars prétentieux, sûr de lui et certain de son succès avec Lauréline. Suite à certains événements dans l’histoire, on s’attendrait à ce qu’il évolue et qu’il devienne plus mûr pour pouvoir conquérir le cœur de Lauréline. Mais il n’en est rien. Il ne va pas évoluer d’un pouce mais finira quand même par avoir le cœur de sa belle.
Petite déception aussi pour le personnage de Lauréline qui n’est vraiment pas une femme forte dans le film, et qui reste très naïve.

Pour revenir au scénario, il est d’autant plus dommage que la première partie du film est vraiment bien ! On a une ouverture expliquant les relations des humains avec les races aliens sur fond de Space Oddity. S’ensuit une longue scène sans dialogue à couper le souffle et vraiment bien amenée. La première mission de Valérian et Lauréline, elle aussi, est basée sur une idée de mise en scène vraiment intéressante et innovante. On a le droit à une zone où Valérian se déplace dans un marché virtuel avec un casque de réalité virtuelle, alors que Lauréline doit le guider dans le monde réel pour qu’il atteigne sa cible. C’est une idée innovante et on est vraiment heureux de voir ce genre de scène. Mais il est bien dommage que le reste du film n’arrive pas à suivre.

Et cela pourrait résumer le film à mon avis, il aurait mieux valu que le film soit plus court mais se concentre sur son scénario mais pas sur l’univers étendu que Luc Besson a envie de créer autour de Valérian et Laureline.

La direction des acteurs inexistante… :

Autant le scénario est un problème dans le film, mais ce défaut n’est de loin pas le pire… Un scénario qui s’égare est une chose assez commune au cinéma, mais le plus gros défaut de ce Valérian est sa direction d’acteur… On a une impression bizarre durant tout le film d’être devant des personnages qui cabotinent… en allant des personnages principaux aux personnages secondaires, aucun des protagonistes n’arrive à convaincre…

Parlons tout d’abord de Valérian et Laureline : les deux acteurs qui sont en général plutôt bons dans leur domaine, ne sont ici pas du tout convaincants. Le duo n’a aucun piquant et on ne sent aucune alchimie qui pourrait mener à leur relation. Mais ce ne sont de loin pas les pires.
Le personnage campé par Clive Owen est limite nanardesque. À sa première apparition à l’écran, on comprend tout de suite quel rôle il a dans l’histoire. Rihanna a certes une scène d’introduction très sympa, mais son personnage ne sert à rien, et il n’est pas attachant. Alors que sur le fond, le personnage qu’elle est censée incarner a une histoire touchante et tragique. Les autres personnages sont tous du même acabit. Souvent sympas sur le papier, mais tellement mal joués.

Valérian Clive Owen

Clive Owen joue ici le personnage le moins convaincant de sa carrière.

On peut imaginer que la direction des acteurs est ce qui a posé souci, car quand même les acteurs jouant dans ses films ne sont pas à leur premier coup d’essai.
Je n’ai réellement jamais vu des acteurs autant en roue libre que sur ce film. À aucun moment, je n’ai ressenti la moindre compassion pour les personnages à l’écran. À tel point que la mort d’un personnage n’eut aucun effet sur moi car on n’avait pas eu le temps de l’apprécier, ni de vouloir créer un lien affectif.

Conclusion :

Valérian est de ces films qui sont le premier d’une trilogie déjà annoncée : le contenu du film laisse présager un immense potentiel, le scénario est juste un prétexte à montrer des lieux et des races qui reviendront par la suite, et surtout on sent qu’ils étaient perdus dans l’envie de remplir le film de contenu qu’ils en ont oublié l’essentiel. Faire un bon film, qui a lui seul peut raconter une histoire. Car là on a vraiment l’impression d’être tombé sur un mélange de plusieurs histoires collées ensemble pour créer un film qui finit par être décousu et sans saveur.

Valérian et la cité des milles planètes est donc un divertissement à peine correct, qui mérite juste qu’on s’y attarde pour sa beauté graphique mais qui clairement ne restera pas dans nos esprits comme le plus grand film de Luc Besson.

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